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Gratitude, rencontres et respect

Mort de Jean-Paul II : message du père Francis Deniau, évêque de Nevers

Nous étions nombreux dans la cathédrale, pour l’office du soir, dimanche 3 avril après-midi, puis pour la messe de l’Annonciation, lundi 4. Assemblées recueillies, dans l’émotion, l’affection, la prière. Nous n’avions pas besoin, de grandes démonstrations, simplement nous étions là, portant dans notre affection le pape Jean-Paul II. Présents avec notre tristesse, certes, mais surtout avec notre gratitude. Nous savions bien que Jean-Paul II allait mourir. Nous l’avions veillé les jours précédents, comme on veille un proche, renonçant à tout projet sur lui ou pour lui, simplement là avec notre respect, notre amitié. « Entre les mains de notre Père, nous te laissons partir », dit un beau chant des funérailles. Après sa mort, nous poursuivions notre prière, dans le deuil et l’espérance.

Notre assemblée a accueilli le témoignage de solidarité et de sympathie du pasteur Benoît Ingelaere et de l’Église réformée de Nevers-Clamecy, dimanche après-midi ; des communautés musulmane et juive, lundi soir. Cela fut aussi des moments forts. Un fruit de l’engagement fort de notre pape dans la recherche de l’unité des chrétiens d’une part, du dialogue inter-religieux d’autre part. Nous nous sommes, les uns et les autres, davantage ouverts à la vérité de l’autre, dans un dialogue exigeant, respectueux de nos différences mais prêts à accueillir le témoignage de ce que vit l’autre – en oubliant nos préjugés et nos fausses imaginations sur ce qu’il vit.

Que tous ceux et celles – anonymes, autorités civiles ou responsables politiques – qui sont venus dire leurs condoléances, la part qu’ils prenaient à ce qui nous touche, en soient ici remerciés.

Personnellement, j’avais écrit en l’an 2000, à Jean-Paul II pour lui dire
combien je me réjouissais de la repentance qu’il avait alors exprimée dans la prière, au nom de l’Église catholique, lors du premier dimanche de Carême, à
la basilique Saint-Pierre. Un geste fort, profondément chrétien, significatif de
la vigueur toujours nouvelle de l’Évangile, au tournant du millénaire. Un
geste qu’il avait osé, dans son ministère d’évêque de Rome, au nom de toute la catholicité, au nom de la vraie sainteté de l’Église. Aujourd’hui plus que jamais, ce geste apparaît bien porteur d’avenir, parce que porteur de vérité. Je lui avais dit ma joie, ma communion et ma gratitude. Je les redis aujourd’hui.

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