Dans le
cadre de la semaine annuelle de rencontres islamo-chrétiennes, une belle réunion
avec plus de quatre-vingt participants s'est déroulée
à la Maison du Diocése ce dimanche 25 novembre. On
pouvait remarquer une forte présence de jeunes musulmans et de
femmes.
Cette semaine a été
instaurée en 2001 avec des chrétiens engagés au sein du GAIC( Groupe d'Amitié
Islamo-Chrétien) et des musulmans.En 2006 il y eut des animations dans 33 villes
de France dont Nevers et dans 8 villes d'autres pays européens.
La
rencontre de ce dimanche se déroulait autour du don d'organes et de tissus
humains.

Le Docteur
Michéle Roche, de l'ADOT 58 ( Association pour le Don d'Organes et de Tissus), à
l'aide de diapos et de transparents nous a démontré avec coeur et intelligence
l'importance du Don. Elle s'est montrée trés concrète et précise sur la maniére
dont médecins, chirurgiens, biologistes et infirmiéres coordinatrices agissent
dans le respect du donneur et du receveur.
Tout sujet
en état de mort cérébrale est considéré comme un donneur
potentiel mais il peut exister des contre-indications médicales au
prélevement.
Comment
exprimer son accord ou son refus au don d'organes ?
-
en signalant à ses proches que l'on est favorable ou non au
prélèvement d'organes.
-
en s'inscrivant au Registre National des Refus
-en
portant sur soi une carte de donneur d'organes: On la trouve en
pharmacie . Un stand tenu par l'ADOT Nevers la distribuait largement ce
dimanche. Elle est gratuite.
Le Dr Roche nous a redit avec enthousiasme qu'il s'agit d'un don pour la vie.La législation
est trés sricte.Le don est anonyme et gratuit.
"Le
prélevement et la greffe de tissus sont soumis aux mêmes régles de bioéthique
que les transplantations d'organes" art L672-13
Elle a
terminé son exposé en citant Malraux :
"Le devoir
de solidarité permettra peut-être de faire prendre conscience aux hommes de la
grandeur qu'ils ignorent en eux".
Geoffroy
Reveneau, jeune théologien moraliste, a pris la parole pour donner le point de vue
des Eglises chrétiennes sur le sujet.
Il cite le
théologien protestant Jean-François Collange qui en 1994 affirmait :"Il n'y a
pas de meilleure façon de transformer l'absurde et le tragique d'une disparition
soudaine que de permettre à d'autres de pouvoir encore continuer à
vivre."
Il nous a
cité aussi des textes de Jean-Paul II de 1995 et de 2000 lors du congrès
international sur la transplantation d'organes.
Ia
théologie chrétienne sur le corps et la Résurrection ne s'oppose pas au
don d'organes.Des limites existent et tout n'est pas acceptable lorsque l'on
touche au corps d'une personne. Le respect de la dignité humaine demande un
discernement éthique.
Puis, "un
sage" théologien musulman,Monsieur Bechari s'exprima dans le même sens.A
quelques rares exceptions près,les savants musulmans ont opté pour le don, pour
la vie. Ce sont des questions neuves et il faut recourir à d'autres sources que
le Coran pour trouver une réponse aux questions de notre temps et aux
magnifiques possibilités de la médecine et de la
chirurgie.
Il a
rappelé fortement l'interdit de vendre ou d'acheter des organes.
Le corps
de l'homme appartient à Dieu qui le lui a donné et, citant une sourate
: "Nous avons honnoré les fils d'Adam,nous les avons transporté sur
terre et sur mer, nous leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture et
nous les avons nettement préféré à plusieurs de nos
créatures"
Le don de
spermatozoïdes est interdit par la religion musulmane et le lait maternel ne
peut se vendre .
Mr Bechari
a vraiment insisté sur la vie.
Autour de
délicieux thé à la menthe et autres gâteries, les participants pouvaient aller auprés de l'un ou l'autre des conférenciers pour complèter leurs
informatio- le tout sous l'oeil vigilant et attentif du père Jean Baffier. Tout cela dans un climat de convivialité,d'amitié et de bonne
humeur.
Le père
Deniau a pu rester tout l'aprés midi tandis que le pasteur Benoît Ingelaere
était retenu dans sa paroisse de Moulins.