Invité à participer à la rencontre préparatoire des Journées Mondiales de la Jeunesse qui se dérouleront à Séoul en août prochain, j’ai au la joie de découvrir l’étonnante vitalité d’une Église en Corée toute jeune, née il y a un peu plus de 200 ans.
Lors de la messe de clôture de cette rencontre, Mgr Paul Kyung-sang Lee, coordinateur général du comité d’organisation, a placé l’expérience d’être aimé au cœur de nos existences. « Avant toute chose, les jeunes ont besoin de découvrir qu’ils sont aimés — aimés de Dieu, aimés de l’Église et accueillis tels qu’ils sont ». Cette expérience que nous voudrions que de nombreux jeunes fassent en participant aux JMJ, est celle que firent les premiers chrétiens coréens ; de jeunes lettrés découvrent l’Evangile en Chine et, saisis par la Parole de Dieu, l’étudient, l’approfondissent et choisissent de vivre conformément à l’enseignement du Christ. Ainsi nait la première communauté chrétienne en Corée, à la fin du XVIIIème siècle, pleine de ferveur et brulée par l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ mort et ressuscité !
Il faut attendre 1831 pour que le pape confie l’Église de Corée à la Société des Missions étrangères de Paris. Avec l’arrivée des missionnaires commenceront les persécutions. C’est dans les efforts, le témoignage fidèle et le sang de milliers de martyrs de tout âge et de toute condition que l’Eglise grandira. En 1984 Jean-Paul II canonise 103 d’entre eux, en 2014 le pape François béatifie encore 123 martyrs et s’adresser à la foule rassemblée à Séoul en ces termes : « Aujourd’hui, très souvent, nous faisons l’expérience que notre foi est mise à l’épreuve du monde, et, de multiples manières, il nous est demandé de faire des compromis sur la foi, de diluer les exigences radicales de l’Évangile et de nous conformer à l’esprit du temps. Et cependant les martyrs nous rappellent de mettre le Christ au dessus de tout, et de voir tout le reste en ce monde en relation avec lui et avec son Royaume éternel. Ils nous provoquent à nous demander s’il y quelque chose pour laquelle nous serions prêts à mourir. »
Que signifie pour nous confesser la foi en ces temps qui sont les nôtres ? Nous ne sommes pas tous appelés à verser notre sang mais nous sommes tous destinés à traverser l’épaisseur des contradictions, à surmonter les obstacles et les épreuves de cette vie sans jamais renoncer à l’espérance ! Et cette espérance est fondée sur une réalité toute simple : nous sommes aimés… et rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu.
Au cours de ce mois d’octobre, à l’école des martyrs de Corée, apprenons à écouter la Parole de Dieu, à louer le Créateur pour ses œuvres, à nouer des relations belles et vraies, et à construire ensemble l’Eglise que Dieu veut, pour que beaucoup découvrent qu’ils sont aimés, passionnément.
+ Grégoire Drouot
