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Le Missel romain 2.0 : une partition en attente de ses interprètes !

A partir du 1er dimanche de l’Avent 2021, nous pourrons découvrir la nouvelle traduction du Missel romain dont on nous parle depuis un certain temps déjà. Mais, nous dira-t-on, en quoi cela nous concerne-t-il, nous, les membres de l’assemblée ? Ce Missel n’est-il pas avant tout le « livre du prêtre » ?

Il est vrai que le Missel romain est un livre discret, un livre de service que le prêtre célébrant consulte, dont il lit certaines prières. De plus, il n’est pas honoré comme l’Évangéliaire ni même le Lectionnaire. Il n’est pas porté en procession, il n’est pas encensé. C’est un livre ‘serviteur’, au service des célébrations liturgiques. Il est destiné à la célébration de l’Eucharistie, selon les normes en vigueur dans l’Église Catholique romaine, dont il tire son nom. Ainsi, le Missel romain est un instrument d’unité : il garantit que chaque célébration est un acte d’Eglise. Car la liturgie nous est donnée, nous n’en sommes pas propriétaires ; ainsi, la liturgie signifie et réalise l’unité de l’Eglise. Ce livre nous concerne donc tous !

Le Missel romain contient les textes de prière (les formulaires) pour la célébration de la messe, celle du dimanche comme celle de chaque jour de l’année et pour différentes circonstances. Il présente les textes de prière, mais il prend également en compte les attitudes physiques et les gestes du célébrant et des fidèles, les moments de silence, ainsi que les parties chantées ou cantillées.

« Une des nouveautés de cette traduction est la place importante laissée au silence ». Comme le rappelle la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR), « le silence sacré fait partie de la célébration ». « Pendant l’acte pénitentiel et après l’invitation à prier, chacun se recueille ; après une lecture ou l’homélie, on médite brièvement ce qu’on a entendu ; après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure ». Le nouveau missel indique notamment un nouveau temps de silence après le Gloire à Dieu.

Propos de B. Mélois (SNPLS) recueillis par le site Aléteia.

Le Missel est donc au service de la célébration comme, pour reprendre une métaphore connue, la partition musicale est au service de l’œuvre : c’est sur celle-ci que les musiciens ou chanteurs s’appuient pour la jouer ou la chanter. Mais pour que la partition prenne vie, il faut que les musiciens dépassent l’exécution, la reproduction fidèle des notes : on parle alors des interprètes, de l’interprétation de l’œuvre. La liturgie est l’œuvre de Dieu – Opus Dei : œuvre que Dieu accomplit en son peuple et œuvre que le peuple fait pour son Dieu. Ainsi pourrait-on dire que le Missel est en attente de ses interprètes : les rites liturgiques demandent à être habités, intériorisés, non seulement par le célébrant, mais par toute l’assemblée.

C’est donc une nouvelle traduction du Missel Romain que nous allons dire et entendre, que nous allons « interpréter ». Nouvelle traduction qui se veut plus précise et plus fidèle au texte latin, au service d’une plus grande communion du peuple de Dieu rassemblé dans le mystère de l’Eucharistie. Les changements qui vont intervenir seront pour nous l’occasion d’être plus attentifs à la prière de l’Église, d’être plus conscients de nos réponses et, pourquoi pas, de (re)découvrir la profondeur et la beauté de la liturgie, la profondeur et la densité des paroles que nous prononçons, que nous prions… !

Eveline Bertrand-Hardy (Service diocésain de Liturgie)

 

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