Dix ans se sont écoulés depuis la publication heureuse de l’encyclique Laudato Si, le 24 mai 2015.
Le pape François nous rappelait que nous sommes une part de la création et que nous ne pouvons pas impunément la dominer et la piller parce que ce faisant, c’est l’humanité également que nous abîmons et défigurons.
« Tout est lié », indiquait François, si bien qu’à « la clameur de la terre » se joint indissociablement « la clameur des pauvres ».
En visite pastorale à Decize à la fin du mois de juin, j’ai eu le bonheur de découvrir un jardin partagé au bord de la Loire, animé par une équipe du Secours Catholique.
L’équipe locale accueille des personnes en précarité ou migrantes qui goûtent la joie de partager, de se sentir utiles en grattant la terre, plantant puis récoltant salades, pommes de terre, oignons et tomates…
Des hommes et des femmes déracinés — socialement, géographiquement — retrouvent des racines, en soignant les plantes potagères à la racine…
Au mouvement perpétuel, à l’agitation et au déracinement qui épuisent, le jardin offre un havre de paix où les végétaux nous rappellent que, s’ils sont bien plantés, ils grandissent et deviennent féconds.
Dans l’harmonie du jardin se dévoile l’harmonie d’une amitié qui permet à chacun de se tenir là, tel qu’il est, avec ses fragilités et ses dons propres.
En nous enracinant ensemble dans l’humus nivernais, nous sommes tous appelés à nous enraciner plus profondément encore dans le Christ, à la manière des Colossiens :
« Menez donc votre vie dans le Christ Jésus, le Seigneur, tel que vous l’avez reçu. Soyez enracinés, édifiés en lui, restez fermes dans la foi, comme on vous l’a enseigné ; soyez débordants d’action de grâce »
(Col 2, 6-7)
Plus nous plongeons nos racines dans le Christ, plus nous sommes capables de recevoir les personnes qui connaissent l’épreuve de la précarité ou de la migration comme des frères et des sœurs, des artisans, avec nous, du Royaume.
Bel été à chacun, dans l’action de grâce !
