Fin de vie : faire entendre une voix de fraternité

Publié le 29 mai 2026

Fin de vie : faire entendre une voix de fraternité

Alors que se poursuit l’examen du projet de loi sur la fin de vie, de nombreux fidèles s’interrogent sur les conséquences d’un tel texte pour les personnes les plus fragiles de notre société. Au-delà des débats juridiques et médicaux, cette question nous invite à réfléchir à la manière dont nous accompagnons celles et ceux qui traversent l’épreuve de la maladie, de la dépendance ou de la souffrance.

Pour les personnes qui souhaitent exprimer leur opposition à cette évolution législative, un modèle de courrier à destination des députés est proposé. Chacun est libre de le personnaliser et de l’envoyer : 

Préoccupé par le projet de loi relatif à la fin de vie actuellement débattu, je me permets de vous écrire en tant que citoyen.
Cette loi touche à ce qu’il y a de plus essentiel dans notre société : la dignité humaine, la protection des plus fragiles et le sens même de la solidarité, c’est pourquoi je considère qu’il convient de s’y opposer.
On ne peut accepter les souffrances que peuvent traverser certaines personnes en fin de vie ainsi que les inquiétudes des familles. Toutefois, je crois que la réponse de notre société ne doit pas être d’ouvrir la possibilité de provoquer la mort délibérément, mais plutôt de renforcer l’accompagnement, les soins palliatifs, la présence humaine et le soutien médical et psychologique par des soins adaptés.
Beaucoup de nos concitoyens n’ont encore aujourd’hui qu’un accès limité aux soins palliatifs. Envisager une telle évolution législative serait mettre en danger beaucoup de patients. Il me semblerait juste et nécessaire de garantir partout en France un accompagnement digne, humain et apaisant pour les personnes malades et leurs proches.
Cette loi entraine une rupture par rapport à la loi actuelle et crée, à terme, une forme de pression implicite sur la société et en premier lieu les personnes âgées, malades ou dépendantes, qui pourraient se sentir de trop ou devenir un poids pour leurs proches et pour la société.
Une société se mesure à la manière dont elle protège les plus vulnérables. La nouvelle loi permettrait peu à peu d’étendre cette « aide à mourir » par un geste létal, elle ouvre une brèche.
C’est pourquoi, je vous demande respectueusement de vous opposer à ce texte et de défendre une politique de santé fondée sur le soin, l’accompagnement et la fraternité.
En vous remerciant de l’attention que vous porterez à cette démarche, je vous prie d’agréer, Monsieur/Madame le Député, l’expression de ma considération distinguée.

Députés de la Nièvre :
perrine.Goulet@assemblee-nationale.fr
julien.guibert@assemblee-nationale.fr

Le 15 janvier dernier, Mgr Drouot proposait cette prière : 

Seigneur Dieu, Maître de la vie, Nous te confions les personnes éprouvées par la maladie, le handicap et la fin de vie. Nous te confions leurs proches, leurs aidants et tous ceux qui s’investissent pour les soulager et les soigner. Donne à chacun de garder la paix et l’espérance.

Nous te rendons grâce pour les immenses qualités humaines d’inventivité, de patience, de tendresse, d’écoute et de réconciliation aussi déployées dans ces moments essentiels.

Nous te confions le corps médical, tous ceux qui œuvrent pour le développement des soins palliatifs et qui accomplissent auprès des malades une œuvre fraternelle de charité. Permets que cette prise en charge soit généralisée et que jamais le devoir d’aider à mourir ne se substitue à celui d’aider à vivre.

Nous te rendons grâce pour les progrès médicaux considérables qui leur permettent maintenant d’éviter toute souffrance intolérable.

Nous te confions les responsables politiques de notre pays et en particulier nos sénateurs et nos députés. Donne-leur la sagesse et le discernement. Guide-les dans leur décision pour le bien de tous afin qu’ils affirment que toute vie est digne et doit être respectée.

Nous te rendons grâce pour le courage de ceux qui placent l’humanité avant les intérêts politiques ou économiques.

Nous nous confions à Toi. Aide-nous à être des témoins de l’espérance par la foi en la résurrection. Donne-nous de montrer que la vraie fraternité consiste à placer au centre de la société le soin du plus faible, et à accompagner la vie jusqu’au bout. Donne-nous d’être nous-mêmes ces Samaritains qui sauront oser les bons gestes, les bons mots pour que jamais quelqu’un ne reste seul au bord du chemin ou ne demande la mort. Donne-nous d’être ces Simon de Cyrène qui permettront de répartir le poids de la souffrance.

Nous te rendons grâce pour la force de vie qui se révèle dans notre faiblesse et pour cette nuée de patience, d’inventivité, de douceur déployée auprès de ceux qui souffrent et qui rend meilleur notre monde.

+ Grégoire Drouot,
évêque de Nevers