Une expérience de foi inoubliable à Rome
Par Martine Despoulain
Mon émotion est encore vive au moment de vous le partager : un véritable baptême de l’air pour rencontrer le Saint-Père, vivre une expérience humaine, une expérience d’Église, une expérience de foi.
Tout a commencé le 8 mai, à Saint-Benin-d’Azy, au cœur de la Nièvre. Avec un groupe de paroissiens de Saint-Paul, nous récitions le chapelet en priant pour l’élection du nouveau pape. Quelques mois plus tard, le 27 septembre, me voici à Rome, sur la place Saint-Pierre, parmi 20 000 pèlerins venus de 115 pays. À quelques mètres de moi, le pape Léon XIV embrasse un enfant dans sa papamobile. Sous un soleil estival, la joie déborde : nous nous étreignons, chantons, acclamons le Saint-Père.
Il nous adresse ces paroles :
« Lorsque vous instruisez dans la foi, gardez à l’esprit l’importance de leur apprendre à cultiver une relation avec Jésus. Que son amour ravive en nous l’espérance qui ne déçoit pas. »
Et encore :
« Dieu se révèle à ceux qui sont simples et humbles de cœur, car ils sont ouverts à le recevoir. Les chrétiens d’aujourd’hui sont invités à devenir comme des enfants. Vivez votre foi de manière authentique. »
Un pèlerinage vécu dans la fraternité
Arrivées le 26 septembre avec Marie-Madeleine, coordonnatrice de la catéchèse, nous rejoignons un groupe de Tarbes-Lourdes de douze personnes : deux sœurs, Eugénie et Monique, un père bénédictin et plusieurs laïcs. Dès la sortie de l’aéroport, Bernadette nous unit et veille sur nous. Dans le train vers le centre de Rome, nous prions les mystères douloureux du chapelet.
Nous franchissons ensuite le seuil de la Porte Sainte à la basilique Saint-Pierre, une Vierge fixée au bout d’un bâton, chantant l’Ave Maria repris par d’autres pèlerins venus du monde entier. Moment inoubliable.
Nous nous recueillons devant la tombe de saint Jean-Paul II, dans une ambiance profondément fraternelle en ce début de jubilé. Nos déplacements, de jour comme de nuit, se vivent dans une attention mutuelle : métro, bus, marche, tout devient prière et partage.
Prière, rencontres et formation
Avec un groupe de pèlerins de Rennes-Angers (42 personnes), nous franchissons à nouveau une Porte Sainte, celle de la basilique Sainte-Marie-Majeure, au moment de l’Angélus. Psaumes, chants et prières rythment ce passage. Nous nous recueillons ensuite devant la relique de l’Enfant Jésus.
Nous assistons aussi à un colloque de quatre heures intitulé « Proclamer sa foi, 1700 ans après Nicée ». Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, y évoque la bienheureuse Eugénie Joubert, « la petite Thérèse de Belgique », modèle auprès des enfants et exemple pour les catéchistes.
Un temps d’adoration, de prière en présence de ses reliques et un oratorio inspiré de sa vie prolongent cette rencontre spirituelle.
Un apéritif dînatoire réunit ensuite 350 Français : de belles retrouvailles, des échanges fraternels et des rencontres inattendues, comme celle du Père Jubilé, compatriote indien des Pères James et Dass.
Envoyée en mission
Le 28 septembre, la messe présidée par le Saint-Père institue 39 catéchistes :
« Des personnes de parole, qui éduquent à la foi en déposant dans le cœur la Parole afin qu’elle porte des fruits de bonne vie. »
Émerveillée par tant de beauté — les basiliques, les visages, les paroles — et ressourcée par cette grâce reçue, je rentre chez moi, prête à poursuivre ma mission auprès des enfants qui me sont confiés.
Je rends grâce au Seigneur pour le bonheur d’avoir vécu ces instants privilégiés.
