Un Chemin de Croix monumental orne les murs de la nef de l’église Saint-Aré de Decize, peint par Raphaël Bodin en 1897, à l’huile sur des toiles marouflées ensuite sur le mur. Chaque station mesure 1,70 m de large et 2,50 m de hauteur. L’encollage est tellement bon qu’il faut désormais considérer ces toiles comme des peintures murales. Le reste du mur est un grand faux-appareil de teinte ocre jaune couleur pierre avec des joints fins gris foncé traçant un module d’environ 40 cm de long par 20 cm de haut. Le soubassement brun foncé est en cours de réfection car réalisé au ciment, il est refait au mortier de chaux et de sable plus sain.
Suite à une étude de faisabilité menée en 2024, j’avais proposé de restaurer l’ensemble sous forme de chantiers Rempart qui s’adressent aux personnes souhaitant se former au métier de conservation-restauration du patrimoine. Cette formule existe en Bourgogne depuis près de quarante ans. Elle a permis à nombre de conservateurs-restaurateurs de peintures murales de se former en parallèle des écoles diplômantes pour lesquelles il n’est pas toujours facile de trouver des stages pratiques. Le sérieux de l’encadrement, l’engagement des associations locales et des municipalités maîtres d’ouvrage, la motivation des bénévoles qui s’inscrivent, forment chaque année une alchimie qui produit un stage intense en moments de vie et en partage des connaissances sur le chantier, celui-ci avançant petit à petit d’année en année.
L’association « Pour l’église Saint-Aré de Decize » assure l’hébergement et améliore du mieux possible le confort journalier, la commune a engagé les travaux annexes en amont et met en place les échafaudages, la paroisse met l’église à disposition avec un accès aux sanitaires, les Monuments historiques au sein de la DRAC assurent le suivi scientifique et technique.
Une première campagne de deux semaines a eu lieu en juillet 2025 avec cinq stagiaires bénévoles. Nous avons restauré les deux stations placées sous la tribune de part et d’autre du portail occidental. Suite au résultat, validé par la DRAC, nous avons poursuivi cette année sur le bas du bas-côté nord.
Deux autres stations ont été restaurées et quatre arcades d’appareil feint, avec un groupe de cinq bénévoles, encadrés par deux conservateurs-restaurateurs dont l’un a aussi assuré l’intendance et les loisirs. Je l’en remercie grandement !
Laurence Blondaux
Conservatrice-restauratrice de peintures murales
