Le 13 décembre, à Paris, furent béatifiés 50 martyrs, victimes du régime nazi. Âgés d’une vingtaine d’années pour la plupart, ils étaient religieux pour 5 d’entre eux, 9 prêtres, 19 Jocistes (membres de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne), 14 Scouts de France et 3 séminaristes, originaires d’une trentaine de diocèses français. Au milieu de la tourmente et des restrictions imposées par l’occupant, ils choisirent de partir volontairement en Allemagne pour soutenir, au nom de leur foi, leurs jeunes compatriotes engagés dans le Service du Travail Obligatoire (STO). C’est là qu’ils témoigneront avec témérité de l’amour du Christ, en créant des petites cellules de fraternité, des cercles de lecture de la Parole de Dieu, ou en organisant des messes dans les bois. Cette activité apostolique provoquera une réaction violente des autorités allemandes et précipitera la mort de ces jeunes apôtres.
Au début d’une nouvelle année, le témoignage de ces jeunes gens nous oblige, comme chrétiens, à déployer un amour audacieux pour que germe la paix dans nos familles, nos communautés, nos pays.
La visite des mages à la crèche nous indique que Jésus est vrai Dieu et vrai homme, et que l’extraordinaire puissance divine vient se couler dans le corps ordinaire et fragile d’un enfant. C’est là que se tient la sainteté, dans l’irruption de l’extraordinaire amour de Dieu épousant le flux ordinaire de nos vies.
Pour ces jeunes hommes béatifiés, comme pour nous aujourd’hui, cette irruption se manifeste dans le don de l’Esprit Saint qui appelle chacun à faire resplendir d’une manière toujours neuve l’inépuisable douceur et bonté de Dieu.
Jean Lépicier, l’un d’entre eux, martyr et jociste avait choisi pour devise : « éclairer, bruler, se consumer à Son service », et Jean Tinturier, martyr et séminariste du diocèse de Bourges écrivait à ses parents quelques temps avant de mourir : « On croit quelque fois que tout est perdu et pourtant cela ne va jamais aussi bien qu’à ce moment-là… Je réagis de mon mieux et tâche de me fixer tout en Dieu. Tout se simplifie ! Et vraiment, je n’ai pas l’impression de perdre mon temps. »
Puissions-nous vivre cette année dans le souffle de l’Esprit, entrainés à porter l’amour inattendu de Dieu dans nos paroles et nos actes. Nous témoignerons à notre tour de la sainteté ordinaire des enfants de Dieu qui se réjouissent d’aller chaque jour de l’avant, avec constance.
Heureuse et sainte année !
+ Grégoire Drouot
