Bientôt nous célébrerons Noël et nous accueillerons dans nos vies lePrince de la Paix.
La venue de Dieu dans notre monde, sur la terre de Palestine, est saluée dans l’Évangile de Luc par le chant des troupes célestes : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » Plus tard, ce chant jaillira de nouveau de la bouche des disciples remplis de joie, tandis que Jésus, juché sur un âne, entre à Jérusalem : « Béni soit Celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux. » Bientôt il sera condamné, crucifié et le troisième jour il resuscitera, annonçant aux disciples bouleversés : « La paix soit avec vous ! »
En hébreu, la paix se dit « shalom » et signifie plénitude, harmonie, intégrité. Voilà bien ce que le monde désire au moment où les divisions, les conflits et la violence semblent l’emporter en bien des lieux. Telle est notre espérance : Jésus est venu planter au cœur de nos existences blessées à mort sa vie en plénitude.
Au début du mois de novembre, nous avons reçu à Lourdes, avec les évêques réunis en assemblée plénière, Mgr William Shomali, évêque auxiliaire de Jérusalem. Dans une méditation exigeante, il a exposé les conditions fondamentales pour une paix juste et durable en Terre Sainte.
« Premièrement, a affirmé Mgr Shomali, l’honnêteté et la bonne intention sont primordiales. Les dirigeants des deux côtés doivent véritablement vouloir la paix plus qu’ils ne veulent la terre, la victoire ou leur survie politique. Ils doivent avoir le courage de dire à leur propre peuple les dures vérités sur les compromis nécessaires à la coexistence.
Deuxièmement, il doit y avoir une reconnaissance profonde de la souffrance de l’autre et de son droit à vivre dans la dignité. Les Israéliens doivent vraiment entendre la douleur de la Nakba, l’humiliation de l’occupation et le désespoir d’un peuple privé de droits fondamentaux. Les Palestiniens doivent vraiment comprendre la terreur existentielle que la Shoah et des générations d’antisémitisme ont gravée dans l’âme juive, et les craintes sécuritaires authentiques qui guident la politique israélienne. Il s’agit de reconnaître l’humanité de l’autre »
Ces conditions, nécessaires pour passer du rêve à la réalité en la Terre Sainte, le sont également pour établir une fraternité harmonieuse dans toutes nos relations, familiales, sociales, professionnelles… Sans honnêteté, bonne intention et reconnaissance de la souffrance de l’autre, il n’y a pas de paix possible. Ce ne sont jamais nos différences, aussi irréductibles soient-elles qui nous divisent, mais notre orgueil.
Que le mystère de Noël nous entraine à contempler dans la crèche celui qui s’est fait humble pour nous donner part à sa lumière et à sa paix.
+ Grégoire Drouot
