Le Jeudi Saint, l’Église fait mémoire du dernier repas de Jésus avec les douze Apôtres, dans la salle du « Cénacle ». Les évangiles, ainsi que saint Paul, rapportent ce moment fondateur où le Christ, prenant le pain et le vin, rend grâce et offre son Corps et son Sang pour le salut des hommes. C’est l’institution de l’Eucharistie.
Au cours de ce repas, Jésus pose un geste surprenant : il se met à genoux devant ses disciples et leur lave les pieds. Par cet acte humble, il se fait serviteur et invite chacun à suivre son exemple : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. » Lors de la messe célébrée ce jour-là, ce geste est repris solennellement.
Après la Cène, Jésus se rend au jardin des Oliviers pour prier, à l’approche de son épreuve. Il invite ses disciples (et, à travers eux, tous les croyants) à veiller avec lui : « Demeurez ici et veillez avec moi. »
La liturgie du Jeudi Saint se prolonge dans une atmosphère de dépouillement. Après la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », le Saint-Sacrement est déposé au reposoir. L’autel est dépouillé, la croix voilée : tout exprime l’entrée du Christ dans sa Passion.
La nuit devient alors un temps de prière silencieuse et d’adoration, où les fidèles sont invités à veiller auprès du Seigneur, un peu comme des amis qui refusent de le laisser seul au moment décisif.
