Répondre à l’appel de Dieu

Publié le 29 janvier 2026

Répondre à l’appel de Dieu

A l’occasion d’une veillée de prière pour les vocation pendant la visite pastorale dans la paroisse Notre Dame-entre-Loire-et-Allier, le père René a donneé son témoignage : 

À l’état civil, je m’appelle TCHALAGASSOU Kokou Fafadji. Mon prénom Kokou signifie que je suis né un mercredi, et mon nom Fafadji veut dire : « celui qui fera tout avec calme et sérénité ».

Je suis né dans une famille profondément chrétienne. Mon père, protestant de naissance, est devenu catholique, et ma mère est issue d’une famille catholique pratiquante. Du côté maternel, j’ai grandi dans un environnement marqué par la vie religieuse, avec cinq oncles prêtres et une tante religieuse. Dès l’enfance, la foi structurait notre quotidien : chaque journée commençait et se terminait par la prière familiale, avec nos parents et nos grands-parents.

C’est dans ce climat spirituel que les premiers germes de ma vocation ont vu le jour. Enfant, je rassemblais mes cousins pour jouer au « petit prêtre », imitant les gestes liturgiques observés à l’église. Toutefois, à l’école primaire, un autre rêve est apparu : devenir officier de l’armée. Ce désir m’a accompagné du CM1 jusqu’en classe de 6ᵉ, dans une famille où le respect du choix de chacun était toujours encouragé.

Au collège, la vie de foi a pris une place encore plus centrale. Dès que j’ai pu m’y rendre seul, j’allais chaque matin à la messe avant les cours. L’adoration du Saint-Sacrement, chaque jeudi, et la confession hebdomadaire nourrissaient profondément ma vie spirituelle.

En classe de 5ᵉ, un tournant décisif s’est produit avec l’arrivée du premier curé de ma paroisse. Son témoignage de vie, sa piété, sa joie et son zèle pastoral ont ravivé en moi le désir du sacerdoce. Chargé de la paroisse principale et de nombreuses stations secondaires, il se donnait sans compter. Son exemple a profondément marqué mon discernement.

Progressivement, je me suis davantage engagé dans la vie paroissiale comme servant de messe, puis comme vice-responsable de groupe. En classe de 3ᵉ, j’ai intégré la chorale des jeunes et la Congrégation de Notre-Dame du Perpétuel Secours, très présente dans ma famille. J’ai également rejoint la pastorale des jeunes en milieu scolaire, ce qui m’a permis de partager ma foi avec d’autres jeunes.

Ma famille a toujours été un pilier de la vie chrétienne de notre quartier. C’est dans notre maison que les premières rencontres de prière ont eu lieu, préparant la naissance de la paroisse actuelle, grâce notamment à l’engagement de mon grand-père.

Avant d’entrer au séminaire, j’ai vécu trois années au sein du groupe vocationnel de la paroisse, accompagné par le curé. En classe de terminale, un temps de doute m’a conduit à m’interroger profondément sur mon appel. Avec l’aide du second curé, véritable frère aîné pour moi, ce discernement s’est clarifié.

Cette même année, j’ai posé un acte de foi. J’ai promis au Seigneur que, si je réussissais le baccalauréat du premier coup, j’y verrais un signe clair de son appel. À cette époque, au Togo, les taux de réussite nationaux au baccalauréat ne dépassaient généralement pas 35 à 40 %. Chose curieuse, j’ai été le seul de mon groupe d’amis à réussir l’examen. J’ai alors refusé toute autre orientation, convaincu que Dieu confirmait son appel.

A vous chers jeunes, n’ayez pas peur de répondre à l’appel du Seigneur. Souvent, lorsque je parle de devenir prêtre avec d’autres jeunes, la première question qu’ils me posent est : « Combien est-ce qu’un prêtre gagne ? » Je leur réponds simplement que oui, on reçoit de quoi vivre, et on ne se plaint pas… mais qu’il y a bien plus à gagner que le matériel. On gagne une vie donnée, une joie profonde, la paix du cœur, et surtout la grâce de servir Dieu et les autres. On a Jésus-Christ.

Répondre à l’appel de Dieu, ce n’est pas perdre sa vie, c’est la recevoir pleinement.
Alors n’ayez pas peur : si le Seigneur vous appelle, faites-lui confiance.