« Soyez toujours prêts … »

Publié le 29 août 2025

« Soyez toujours prêts … »

« … à rendre raison de l’espérance qui est en vous »

C’est très souvent ce verset de la première lettre de saint Pierre qui stimule l’élan missionnaire que chaque baptisé essaie d’avoir. Reste à trouver le moyen et les mots pour annoncer l’Évangile et rendre compte de l’espérance que celui-ci nous donne.
C’était la cinquième fois cette année que je participais à une mission d’évangélisation à Biarritz. J’en suis encore revenu heureux et motivé pour vivre le quotidien de mon ministère. Que se passe-t-il au cours d’une mission qui puisse ainsi me nourrir ?

Une communauté missionnaire
Dans l’emploi du temps d’une journée de mission, la rencontre avec les touristes et les vacanciers ne représente finalement pas la plus grosse part.

Il y a d’abord un temps important pour consolider une véritable communauté parmi les missionnaires. Ceux-ci viennent d’un peu partout en France : certains ont une expérience ancienne de l’apostolat de rue, d’autres découvrent timidement. Certains sont bien insérés dans une communauté ecclésiale, d’autres plus isolés. Il est donc important d’apprendre à se connaître et à prendre conscience que c’est en Église que le Seigneur nous envoie en mission.

La communauté Aïn Karem, à l’origine de cette mission, la Communauté Saint-Martin, en charge de la paroisse de Biarritz, et la paroisse étudiante de Toulouse, qui envoie désormais un grand nombre de participants, partagent dans l’animation de la semaine missionnaire le souci de favoriser :

  • la vie fraternelle des missionnaires,
  • leur nourriture spirituelle par la prière et la liturgie dignement célébrée,
  • et la formation doctrinale.

Les matinées sont donc consacrées exclusivement aux missionnaires. Après la prière des laudes, l’oraison et la messe, le temps de formation est là pour nourrir tous ceux qui iront à la rencontre des gens.

Nous nous interdisons de donner des cours d’apologétique, c’est-à-dire une sorte de kit tout prêt de ce qu’il faudrait dire. Bien au contraire, la formation doctrinale a pour but de permettre aux missionnaires d’approfondir le contenu de la foi et de devenir ainsi capables d’échanger avec le tout-venant à partir d’eux-mêmes et non en répétant des discours tout faits.

Un autre objectif de la formation est de permettre aux missionnaires de ne pas uniquement s’adresser aux passants à partir de leur expérience personnelle ou de leur témoignage de vie, mais d’exposer de manière accessible le contenu objectif de la foi.

Ainsi, ces matinées nourrissent les missionnaires par la prière, la vie sacramentelle et l’approfondissement du mystère de la Révélation.

À la rencontre
Le premier constat qui s’impose à nous, c’est que l’annonce explicite du message évangélique est plus que nécessaire. La très grande majorité des personnes que nous rencontrons n’a rien reçu, ni la foi, ni même une culture chrétienne.

Deux, voire trois générations après les débuts de la crise de la transmission de la foi dans les familles et dans les structures ecclésiales, le terrain est presque vierge.

Trois lieux d’apostolat nous permettent d’échanger :

  • Le rocher de la Vierge : rappel de l’intervention miraculeuse de Marie qui guida des marins lors d’un échouage, occasion de parler de qui elle est et de la place qu’elle occupe dans le salut.
  • Une exposition sur le suaire de Turin devant une église : occasion de beaux échanges sur l’amour de Dieu accompli dans la Passion.
  • Une prédication sur un lieu de passage : elle suscite la curiosité des passants, et les autres missionnaires abordent ceux qui s’arrêtent un instant pour écouter.

Tout n’est pas toujours facile : l’indifférence, exprimée avec courtoisie, est parfois la seule réponse donnée. Mais il peut aussi arriver que des personnes expriment durement ce qu’elles ont sur le cœur au sujet d’un scandale dont l’Église serait l’origine.

Pour autant, la majeure partie des échanges expriment de la curiosité et peuvent déboucher sur un regret :

« Mes parents ne m’ont jamais parlé de Dieu. »

Nous repartons donc avec une conviction forte : si personne ne va à la rencontre de nos contemporains pour leur partager le trésor de l’Évangile, comment en entendront-ils parler ?

Magnificat
Au retour de deux heures et demie d’apostolat, les traditionnelles tartines de Nutella sont bienvenues, car les dialogues peuvent être intenses et nécessitent beaucoup d’énergie.

Mais l’activité principale du retour de mission, c’est le partage. Les missionnaires sont invités à relever les pépites de l’après-midi pour s’en réjouir, et à partager les difficultés pour ne pas rester seuls face à cela. Cette mise en commun offre l’occasion de constater les premiers fruits de notre apostolat, même si l’essentiel appartient au Seigneur.

Une procession mariale face à la beauté du littoral, l’« apéro du curé » devant l’église proche du marché nocturne et l’invitation lancée d’entrer un moment pour déposer une bougie, une intention de prière, parfois même se confesser… sont autant de rendez-vous qui enrichissent encore notre semaine.

Ministère et mission
Le ministère en paroisse est surtout une affaire d’accompagnement au quotidien, aux carrefours de vie des habitants de nos villages. La présence du prêtre s’adapte au rythme des événements heureux ou malheureux.

La semaine missionnaire suscite d’autres dimensions du ministère. Les deux se complètent et s’enrichissent mutuellement.

De même que je m’émerveille que les fidèles baptisés grandissent dans leur foi en éprouvant la richesse de la vie communautaire dans la paroisse, je m’émerveille de constater que ceux qui acceptent de donner une semaine pour la mission participent avec beaucoup de générosité et de génie à l’annonce directe de l’Évangile.

Je souhaite vraiment entraîner des paroissiens avec moi dans cette belle aventure.

Abbé Courault