Le mois d’octobre s’ouvre avec la fête de saint François d’Assise, qui nous invite à prendre le temps de poser sur la création un regard contemplatif et à chanter la louange du Créateur !
Dans un monde tourmenté, nous pouvons avoir le sentiment que les préoccupations écologiques sont en recul et que prime de nouveau, après quelques efforts consentis, la maximisation du profit personnel.
A rebours de cette tendance mortifère, le pape Léon nous invite à la paix, « une paix désarmée et désarmante » et il est probable que la considération portée à la création soit l’un point d’appui nécessaire à l’établissement de cette paix.
C’est la raison pour laquelle « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde » (Gn 2,15).
Ce qu’il faut « travailler » ici c’est la terre, qui n’est pas un matériau mais un bien dont nous provenons. Nous travaillons ce dont nous avons été tirés. Nous sommes tous des « terreux », et cette commune origine devrait nous inviter à davantage d’humilité et de fraternité dans nos relations personnelles. Par ailleurs le verbe hébreu traduit ici par « travailler » signifie également « servir ». Le travail de la terre ne doit donc jamais s’apparenter à une emprise ou une exploitation qui engendre la violence mais à un service, semblable à celui que nous devons à l’égard de Dieu et de nos frères.
La paix sera donc le fruit de notre attention à « garder » la terre, comme nous devrions « garder » notre frère, c’est-à-dire le préserver de tout mal mais davantage encore veiller sur lui et lui permettre de déployer toute sa liberté et ses talents pour contribuer à la beauté de ce monde. C’est ce que Caïn n’aura pas su accueillir : « suis-je le gardien de mon frère ? » demandera-t-il à Dieu qui lui demande où est Abel… Refuser d’être le gardien de son frère c’est laisser libre cours à la violence du péché, « accroupi à la porte » de notre cœur (cf. Gn 4,7).
Le Seigneur garde toujours ouvert et accessible son cœur aimant, de même qu’au jardin de la Genèse l’arbre de vie était gardé par les Chérubins pour que nul n’en entrave l’accès (cf. Gn 3,24). En nous attachant à louer le Créateur et à contempler le coté toujours ouvert du Christ, nous pourrons aborder les évènements de notre vie à la lumière de sa présence bienfaisante, source de paix !
+ Grégoire Drouot
