C’est à l’aéroport, foulard autour du cou et livret du pèlerin en main, que débute cette aventure spirituelle en Terre Sainte. Certains se connaissent déjà, d’autres se rencontrent pour la première fois, mais tous partagent la même attente : marcher sur les pas du Christ. Après les contrôles, l’embarquement et un premier survol des Alpes enneigées, le groupe arrive à Tel Aviv, et rencontre Sœur Bénédicte.
Dès les premières heures, l’organisation, la fraternité et la joie donnent le ton. La messe inaugurale, célébrée à Jérusalem dans la chapelle de la communauté catholique syriaque qui nous accueille, invite chacun à vivre ce pèlerinage sous le signe de la charité, du pardon et de l’écoute, es uns envers les autres, mais aussi envers toutes les personnes que nous allons rencontrer tout au long de ce pèlerinage.
Les premiers jours sont consacrés à Jérusalem, cœur spirituel et historique des trois grandes religions monothéistes. Sous une pluie inhabituelle, le groupe prie au Mur occidental, monte sur l’esplanade du Temple et découvre le Dôme du Rocher, dans une atmosphère presque irréelle tant l’affluence est faible. Les rues détrempées de la Vieille Ville accompagnent les pas des pèlerins jusqu’au mont Sion, où le Cénacle permet un temps d’enseignement autour de l’Eucharistie, du lavement des pieds et de la Pentecôte. À Saint-Pierre-en-Gallicante, dans la maison de Caïphe, un profond temps de méditation plonge chacun dans la souffrance du Christ avant après son arrestation. La journée s’achève par le témoignage de Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre Sainte Magazine, appelant chacun à devenir artisan de paix et rappelant que le Royaume de Dieu est déjà à l’œuvre au milieu de nous.
Le mont des Oliviers, Gethsémani et le chemin emprunté par Jésus vers sa Passion prennent ensuite tout leur sens. La descente vers la vallée du Cédron, les temps de méditation face à Jérusalem et la découverte de la complexité religieuse, culturelle et humaine de la ville marquent profondément les pèlerins. Le point culminant de cette étape reste la prière du chemin de Croix au pied de la croix de Jésus au Saint Sépulcre, suivi de la messe à quelques mètres du Tombeau. Enfin, nous avons pu tous nous recueillir dans le Tombeau vide du Christ.
Avant de quitter Jérusalem, passage à l’église Sainte Anne où certains reçoivent le sacrement des malades, et où les pèlerins reçoivent tous la bénédiction des familles. Puis, le pèlerinage se poursuit vers le Jourdain où chacun a pu renouveler les promesses baptismales au bord du fleuve, lieu fondateur de l’histoire biblique et mémoire vivante du baptême du Christ. Puis vient la Galilée : le lac de Tibériade, Capharnaüm, le mont des Béatitudes. Les paysages apaisants, la lumière et les célébrations au bord de l’eau offrent une véritable respiration intérieure, comme une invitation à déposer le rythme de nos vies pour écouter la Parole. À Nazareth, en la solennité de Marie, Mère de Dieu, la prière devant la maison de la Vierge et la rencontre avec Monseigneur Rafic Nahra ouvrent une réflexion profonde sur la place des chrétiens en Terre Sainte et sur l’appel constant à la paix, dans les familles comme dans le monde.
Le pèlerinage s’achève à Bethléem, dans un climat à la fois fraternel et bouleversant. Accueillis par les sœurs du monastère de l’Emmanuel, les pèlerins vivent de nombreux temps forts de prière, à commencer par le chapelet au pied du mur de Béthléem, récité tous les vendredis soir à 17h39. S’ensuit un beau moment de partage, lors du lavement des pieds, geste puissant de dépossession, de confiance et d’abandon au Seigneur. Puis une soirée de réconciliation, invite les pèlerins se retrouver au plus près de Jésus. La visite de la basilique de la Nativité, du champ des Bergers et la rencontre avec les habitants du camp de réfugiés d’Aïda confrontent chacun à une réalité humaine souvent douloureuse, mais habitée par une foi tenace et une espérance vivante.
Le dernier jour, à Emmaüs, la messe de l’Épiphanie vient éclairer tout le chemin parcouru : comme les disciples, les pèlerins repartent transformés, le cœur brûlant et le regard renouvelé. Les adieux sont empreints d’émotion et de gratitude. Gratitude pour les accompagnateurs, pour l’organisation, pour les rencontres et pour la fraternité vécue jour après jour. Une chose est certaine : aucun pèlerin ne rentre chez lui identique à celui qu’il était au départ.
Jeanne
