Si le temps des vacances est un temps béni, ce n’est pas seulement parce qu’il nous offre la possibilité de ralentir ou de nous reposer. Ce temps est également béni parce qu’il nous permet de vivre plus intensément des aspects fondamentaux de notre vie chrétienne. Je pense aux sessions, retraites, pèlerinages ou camps, qui font grandir en nous la joie de croire, d’espérer et d’aimer.
Au cœur du mois d’août, j’ai participé avec bonheur à la mission organisée dans le Morvan aux cotés de la communauté Aïn Karem. A la rencontre des habitants ou des vacanciers de passage, nous avons fait l’expérience heureuse d’entrer simplement en dialogue avec ceux ou celles qu’il nous était donné de croiser dans la rue, sur une place devant un supermarché, ou à la terrasse d’un café. Témoignant de la paix du Seigneur et de sa proximité aimante, nous invitions les passants à nous rejoindre dans la soirée pour une veillée de prière ou un repas partagé. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater que beaucoup des personnes rencontrées attendaient secrètement ou visiblement un tel échange, pour combler une solitude, interroger le sens de l’existence, laisser remonter à la surface le souvenir heureux d’une pratique religieuse depuis longtemps enfouie, nouer avec Jésus une relation de confiance, progresser dans le bien, aimer mieux et davantage…
A l’écoute de l’Evangile, cette expérience répond à l’invitation que Jésus adressa à ses apôtres d’abord puis aux 72 disciples : « Allez » proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons ! (Cf. Lc 9,2 et Lc 10,3). Cet envoi, parce qu’il concerne précisément les 12 et un grand nombre de disciples, sans doute autant que de nations païennes en bordure d’Israël, n’est pas réservé aujourd’hui à quelques spécialistes de la mission. Nous sommes tous appelés à entrer en conversation, avec foi, espérance et charité, non seulement avec ceux qui viennent frapper à la porte de nos paroisses pour demander un service ou un secours mais également avec tous ceux qui ne demandent rien mais qui sont infiniment aimés de Dieu et attendent que leur soit adressée de la part du Seigneur une parole de paix et de vie.
Le pape François nous encourageait en ce sens : « Maintenant que l’Église veut vivre un profond renouveau missionnaire, il y a une forme de prédication qui nous revient à tous comme tâche quotidienne. Il s’agit de porter l’Évangile aux personnes avec lesquelles chacun a à faire, tant les plus proches que celles qui sont inconnues. C’est la prédication informelle que l’on peut réaliser dans une conversation, et c’est aussi celle que fait un missionnaire quand il visite une maison. Être disciple c’est avoir la disposition permanente de porter l’amour de Jésus aux autres, et cela se fait spontanément en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin. » (Evangelii gaudium, 127).
Telle est la joie que je vous souhaite et à laquelle je vous invite, portés par l’Esprit.
Bonne rentrée !
+Grégoire Drouot
