Chers amis,
C’est naturellement le mot qui nous vient à tous alors que s’est achevé le voyage du pape Léon XIV en France : merci !
Nous avons vécu 4 jours de joie au cours desquels nous avons fait davantage connaissance avec celui que le Seigneur nous a donné pour guider l’Eglise depuis un peu plus d’un an. Nous avons découvert un homme économe de ses gestes et de ses paroles mais d’une intense présence ; un homme calme et souriant mais qui exprime avec force ce qu’il veut transmettre sans détour ; un homme gagné parfois par l’émotion mais qui se tient bien au delà du seul registre émotionnel. C’est ainsi qu’il nous a élevés avec plein d’espérance quand bien même il a su poser un diagnostic sur ce que nous vivons actuellement sans naïveté ni fatalisme.
Ce diagnostic est simple et il n’étonne guère : nous sommes plongés dans un vide de sens qui a des conséquences dans tous les domaines de notre vie, dans sa dimension personnelle comme sociale. « L’homme s’égare lorsqu’il affirme que Dieu est mort. Si Dieu n’est pas avec lui, l’homme n’a plus de salut et perd le sens de son existence, qui se réduit à une impasse ou au néant. En revanche, celui qui dit : Pour moi, vivre, c’est le Christ ! , fait exactement l’expérience du contraire. » La réponse que le pape a faite à cette jeune qui l’interrogeait lors de la veillée au stade de France est limpide mais surtout très encourageante. Il n’est jamais trop tard pour vivre sa vie avec le Christ.
Partant de ce constat que nous faisons tous, le pape a lancé deux appels aux catholiques. L’appel à la sainteté d’abord : « inspirez-vous de l’exemple des saints : […] Les saints ont changé le cours de l’histoire, faisant passer beaucoup de personnes de la souffrance à l’espérance ; car ils ont d’abord changé leur propre cœur, en le transformant à la lumière de la foi. » L’appel, ensuite, à la vie fraternelle et la mission : « Cultiver un lien fraternel avec ceux qui ne partagent pas notre foi contribue donc à la construction de la société » et « Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle. »
Mais le pape ne s’est pas adressé qu’aux seuls catholiques. Il s’est fait prophète devant la nation toute entière, l’invitant à laisser de la place pour que la parole du Christ nourrisse tout le monde, croyants ou non. « La liberté, l’égalité et la fraternité ne sont pas de simples mots gravés sur les frontons de vos édifices publics, mais renvoient à des exigences éthiques universelles qui trouvent aussi dans le message évangélique une source inépuisable d’inspiration et d’accomplissement. […] Une juste laïcité ne consiste donc pas à exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation, mais à travailler pour que l’État et les institutions religieuses dialoguent ensemble et unissent leurs forces au service du bien commun, pour que le monde ait la vie. » Car cette Parole, affirmait-il en parlant des racines de l’Europe est utile à tous : « la référence à la dette de la culture européenne envers le christianisme permet de mieux comprendre combien l’ouverture au transcendent est toujours une dimension constitutive de la personne humaine et une source vivante de civilisation. »
Voilà donc une feuille de route qu’il nous faut maintenant concrétiser là où nous sommes, dans notre vie paroissiale comme dans nos existences personnelles, familiales et sociales. N’oublions pas la lumineuse affirmation du pape : « Vous êtes les saints d’aujourd’hui ! »
abbé Sébastien Courault
